La chimie du leadership

Dans un précédent post je vous avais présenté une certaine vision du leadership qui se résume en quelques compétences simples. Le leader sait :

  • Exprimer une vision
  • Inspirer les autres pour atteindre les résultats
  • Encourager la coopération d’équipe
  • Être l’exemple

Il s’avère que nous avons à l’intérieur de nos corps des agents chimiques, hormones et neurotransmetteurs qui nous poussent à réaliser ce qui est dans notre intérêt en tant qu’individu, mais aussi en tant qu’être social, en tant que groupe, en tant qu’équipe.

Il s’agit de 4 substances chimiques. 4 substances que nous produisons naturellement dans certains contextes et qui sont à l’origine de nos sentiments et émotions positives, d’organisation et de lien social : le bonheur, la fierté, la satisfaction, la joie, l’amour…

Chimie du leadership

Parmi ces 4 substances, 2 dépendent de nous seuls :

  • les endorphines : neurotransmetteurs produits après un effort. Ils ont des capacités analgésiques qui procurent une sensation de bien-être et interviennent dans la régulation de la douleur physique, nous apportant ainsi la capacité d’endurance, de détente et de relaxation nécessaire à la survie.
  • la dopamine : neuro-hormone qui permet de se sentir vraiment bien en atteignant son objectif et de se rappeler, après coup, à quel point c’est bien d’atteindre ses objectifs ! C’est elle que l’on ressent lors de l’atteinte de gros objectifs mais aussi lorsque l’on coche avec satisfaction une tâche de sa To-Do-List ou que l’on fait le tri de ses emails. Le problème avec la dopamine, c’est que comme elle nous fait nous sentir vraiment bien, elle est très addictive. Elle nous pousse à des comportements addictifs comme vérifier nos emails dès notre réveil, vérifier les infos de notre smartphone très (trop) régulièrement, faire un tour  très (trop) régulièrement sur nos comptes de réseaux sociaux… : elle est la « carotte » , le sentiment d’avoir fait les choses, d’avoir accompli. Donc mieux vaut en profiter à bon escient, c’est à dire pour atteindre des objectifs significatifs !

Et 2 substances chimiques qui dépendent « de la relation »

  • la sérotonine : neurotransmetteur et hormone qui apporte calme, bien être et confiance en soi, responsable du sentiment de fierté, du statut, de la reconnaissance par autrui. La sérotonine est identifiée par le groupe auquel nous appartenons : il attend des personnes à taux de sérotonine élevé la protection du groupe. Michael McGuire, neuroscientifique, de l’University of California à Los Angeles, a mis en évidence que les singes mâles alphas (dominants)  avaient de forts niveaux de sérotonine. Et que ce sentiment de bien être était la conséquence et non la cause de ce caractère alpha. En effet, lorsque le mâle alpha était par la suite éloigné de ses troupes, son niveau de sérotonine s’effondrait.
    Vous pouvez utiliser votre imagination et pratiquer la visualisation pour créer des images mentales ce qui contribue à la définition de ce qui nous fait envie et déclenche une production de 17% de plus de sérotonine,
  • l’ocytocine : l’hormone de l’amour, de l’amitié, de la générosité : l’hormone du lien humain. Nous la libérons lorsque nous passons du temps à la construction de la relation, la vraie, la relation en face à face, pas celle qui existe via emails ou au travers des réseaux sociaux. Puisqu’elle nous permet de créer de vraies relations, elle renforce la sensation de sécurité, la confiance et le calme . Elle permet également de mémoriser les visages des personnes que nous apprécions. Elle booste notre système immunitaire et nous prévient des dépendances (même celles causées par les mauvaises applications de la dopamine !)

Ces hormones et neurotransmetteurs nous permettent d’accroitre notre sécurité, notre lien social et notre performance. Elles constituent les fondements du leadership.

Par contre, il existe une autre hormone. Une hormone qui induit des modifications du métabolisme afin de fournir l’énergie nécessaire pour faire face à l’évènement stressant : le cortisol.

Le cortisol, permet de déclencher rapidement une réponse « affronter ou fuir » face à un danger, nous amenant à avoir le cœur qui bat très vite par une production d’adrénaline, à statuer en urgence face à la situation et à alerter nos congénères d’un danger même sans ouvrir la bouche (le stress d’autrui se sent). Si le cortisol nous a été utile dans les temps pré-historiques, il est aujourd’hui responsable de l’anxiété et du stress chronique qui détruisent notre système immunitaire et inhibe la production d’ocytocine (et avec elle l’empathie et la générosité) conduisant certains au burn-out.  Le problème c’est que lorsque nous sommes occupés à stresser, nous ne sommes pas disponibles pour la pensée et l’action efficace. Nous évoluons alors dans les territoires limbiques de notre cerveau, sièges des émotions et notamment la peur, et non le cortex préfrontal, siège de la pensée.

Stresser ou contribuer au stress de ses équipes est à l’encontre de l’efficacité, c’est le contraire du leadership. Ce constat est renforcé par les mesures d’une étude menée par Amy Cuddy, une psychologue sociale américaine, professeur à Harvard Business School, qui démontrent que les leaders puissants et efficaces ont très peu de cortisol dans leur organisme.

Nous avons tous à notre disposition ces leviers d’action, ces 4 éléments chimiques, qui font une réelle différence sur nos vie professionnelles, notre leadership, la performance de nos organisations mais également nos vies personnelles. Imaginez la différence sur nos vies et sur nos organisations si nous utilisions toujours les bons leviers. Quand est-ce-que l’on s’y met ?

Vous souhaitez développer votre leadership ? Je vous accompagne !

Caroline Carlicchi – Coach Certifié – 06 95 19 95 32 (Versailles – France)

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4 réponses

  1. Très intéressant, merci Caroline ! Et bien j’ai appris quelque chose en te lisant. Hmmmm, quelle substance chimique ai-je ainsi utilisé ?? Bon je vais te relire pour trouver la réponse !

  2. Amel dit :

    Qu’en est-il si on a un deficit d’une ou plusieurs hormone(s). Peut on les combler medicalement?

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