A l’origine des croyances personnelles

Chaque personne porte des jugements sur les situations. Ces jugements sont l’expression de croyances sur elle-même, les autres ou la situation. Ces croyances peuvent être évidentes ou plus subtiles, et il en va de même des jugements et des valeurs personnelles qui en découlent.

D’un côté, les croyances fournissent un cadre moral, définissent des préférences et orientent le cadre relationnel de la personne, de l’autre, lorsqu’elles s’apparentent aux préjugés, elles peuvent être paralysantes car elles constituent alors une vision limitante et erronée de la personne elle-même, l’autre ou la situation.

Les croyances humaines sont passionnantes, c’est pourquoi bon nombre de psychologues et neuroscientifiques se penchent sur la question avec l’objectif d’identifier l’origine de celles-ci, en quoi elles affectent la vie des individus et comment elles peuvent être contournées. Je vous propose ici un zoom sur les conclusions actuelles des Neurosciences et de l’Analyse Transactionnelle.

Croyances

1. Décryptage des croyances par les Neurosciences

Matthew Lieberman, chercheur en Neuroscience à UCLA, a démontré récemment que les croyances sont aidantes dans le sens où elles permettent de catégoriser inconsciemment les objets et les personnes en « bon » ou « mauvais ». Et qu’elles proviennent de la culture la plus influente chez l’individu.

Tout le monde a des croyances, « même les individus croyant profondément qu’ils n’ont pas de préjugés, feront toujours des associations négatives qui ne sont pas conscientes. » dit Matthew Lieberman.

Les croyances apportent également la stabilité. Lorsque une information nouvelle arrive à une personne, elle la passons au travers du filtre de ses croyances avant même que la question de son traitement par son cerveau ne se pose. Halligan dit à ce sujet que « Si nous n’avions pas ces croyances, comment saurions nous qui nous sommes chaque matin? »

Quant à l’endroit où elles seraient stockées, Talylor nous éclaire : « Ma position est de penser que les croyances et les souvenirs sont similaires ». Les souvenirs sont des réseaux de neurones qui s’activent lorsqu’ils sont stimulés par un évènement extérieur. Le plus le réseau de neurones sera sollicité, le plus ancré sera le souvenir. Il en est de même avec les croyances.

Ces études apportent, de plus, un éclairage sur l’évaluation des menaces, par l’amygdale. Ralph Adolphs, un neurologue de l’université d’Iowa, a découvert que lorsque l’amygdale était endommagée, la capacité de l’individu à reconnaître les expressions de peur était altérée. Cette zone, attachée à la reconnaissance et à l’évaluation des émotions, est également clé dans la création des croyances. En effet, lorsqu’elle est endommagée, il est impossible d’évaluer la dangerosité d’une situation et ceci constitue un risque vital. Dans de très lointaines époques, les croyances étaient fondamentales à la survie de l’être humain car elle sont en fait la base des stratégies de survie de l’individu et se déclenchent lorsqu’une menace est perçue. Ces réponses de protection ne sont pas la plupart du temps conscientes. C’est ce caractère inconscient qui les maintient.

La réaction à une situation de stress par le biais d’une croyance n’est pas dictée par la logique mais par les émotions. Beaucoup de problèmes personnels et relationnels proviennent de croyances limitantes, présentes dans la mémoire et qui viennent littéralement détourner le fonctionnement du cerveau. Si la capacité de faire des choix conscients d’un individu est régulièrement détournée, il est probable qu’une peur limitante soit présente.

2. Le point de vue de l’Analyse Transactionnelle

Les croyances correspondent à des décisions de l’enfance prises lorsque les demandes émotionnelles de l’enfant ne sont pas prises en charge. Il va d’abord tester un certain nombre d’autres sentiments (qui deviendront des sentiments rackets) pour identifier lequel amènerait plus de prise en charge. Puis il se créé une croyance basée sur les conclusions qu’il en tire (avec son niveau de maturité d’enfant). Ces croyances peuvent être par exemple :

  • sur lui même : je suis laid, je suis bête, je ne peux pas réussir, savoir, penser, agir…
  • sur les autres : les autres sont plus intelligents, peuvent me rejeter si j’essaye de comprendre un problème, peuvent me faire du mal si je fais ceci…
  • ou sur les situations : interactions, lieux, contextes, personnes spécifiques…

Puis, une fois les croyances mises en place, l’enfant va interpréter les situations, ses interactions avec les autres ou lui-même au travers de celles-ci. Par cette expérience il créé un second niveau de croyances qui vient renforcer les premières.

Une fois adulte, c’est dans les moment de stress (et donc de peur si l’on fait le lien avec l’approche neuroscientique ci-dessus) que les croyances se manifestent et avec elles ce que l’Analyse Transactionnelle appelle un « élastique » qui nous ramène à toute vitesse dans le passé, nous fait revivre la situation de l’enfance correspondante à la décision à l’origine de cette croyance et nous fait ressentir des sentiments correspondants.

Cette expérience de l’élastique conforte la personne sur la « véracité » de cette croyance et l’amène à agir et justifier ses actes selon celle-ci. Cette expérience vient renforcer la croyance.

3. Que faire pour venir à bout des croyances personnelles limitantes ?

« Venir à bout de ses croyances personnelles » est équivalent à « reprogrammer son cerveau ».

« Les croyances sont des objets mentaux : elles sont incorporés dans le cerveau »dit Taylor. « Si vous les défiez par la contradiction, ou juste en les coupant des stimulus qui vous font y penser, alors elles s’affaiblissent légèrement. Si cela est combiné avec le renforcement de nouvelles croyances, alors vous obtenez un changement de l’intensité passant de l’une à l’autre. ».

Le mécanisme que Taylor décrit est semblable au mode habituel d’apprentissage du cerveau. Cette méthode d’association utilise le cerveau contre lui-même. Si un événement stimule deux groupes de neurones, les liens entre eux deviennent plus forts. Si l’un d’entre eux s’active, il est probable que le deuxième s’activera aussi . En réalité, ces deux souvenirs peuvent avoir peu en commun, mais dans le cerveau, ils sont associés. Il est de plus possible, selon le type de croyance, que de multiples réseaux de neurones s’associent autour d’une même croyance. Par exemple, si un individu a une grande pratique religieuse, celle-ci peut s’étendre dans plusieurs zones de sa vie et influer sur sa manière de voir et ressentir les choses sur de multiples sujets et dans de multiples situations.

Le coaching est une approche très efficace pour reprogrammer ses croyance car sa méthode permet à la personne :

  • l’évaluation de la situation actuelle de la personne (son système de croyances actuel)
  • la définition d’objectifs de changement positif (son nouveau système de croyances positives)
  • la pratique répétée pour ancrer les nouvelles options de fonctionnement ( pratique répétée de nouvelles croyances positives qui peut se renforcer par la méthode des affirmations positives ou les présupposés de la PNL)
  • l’évaluation des apports de ces changements contribuant à renforcer la nouvelle bonne habitude (et le nouveau système de croyance)

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Vous voulez vous débarrasser de vos croyances personnelles limitantes ? Je vous accompagne…
Caroline Carlicchi – Coach Certifié – 06 95 19 95 32 (Versailles – France)

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6 réponses

  1. abdelkarim djebari dit :

    Merci a vous et toutes personne qui contribues a cette diffusion de leçon, Merci 😀 😆

  2. Tarasconi dit :

    bonjour
    J’ai bien la justesse et la clarté pour définir nos croyances .La bonne nouvelle est que chacun peu modifier ses croyances en se faisant aider par un coach par exemple.
    Jean-Pierre

    • Caroline dit :

      Bonjour,
      Exactement, le changement est toujours possible même en ce qui concerne les croyances !
      Et avoir cette croyance est aidant justement !
      Caroline

      • patrick dit :

        Plutôt que de passer d une croyance a une autre, il me parait possible de passer a une mise en doute de nos interprétations, ce qui conduirait a une forme de sagesse.Dans le doute n agressons pas les autres et soyons plutôt positifs envers eux.

  3. Alain NOREUX dit :

    Bonjour , je suis actuellement en préparation d’une certification COACH.
    La lecture de votre Blog m’apporte beaucoup pour la compréhension des sciences humaines, nécéssaire pour exercer le métier de coach professionnel.
    Cordialement
    Alain NOREUX

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