Comment éviter les jeux psychologiques avec le triangle de Karpman ?

Les jeux psychologiques prennent place dans la vie personnelle comme dans le monde de l’entreprise. Ils sont générateurs d’inefficacité, consommateurs de temps, générateurs de sentiments négatifs et ne résolvent en rien les situations problématiques.

Stephen B. Karpman (psychologue américain des années 70) a mis en évidence un modèle de détection et d’analyse des jeux psychologiques appelé « Le triangle dramatique ».
Le triangle de Karpman est un concept simple et puissant d’Analyse Transactionnelle  portant sur une dynamique qu’il résume dans un triangle appelé « triangle dramatique ».

Dynamique

Ce jeu implique 3 rôles :

  • une Victime V : qui se sent inférieure et va rechercher soit un Persécuteur soit un Sauveteur.
  • un Sauveteur S : qui perçoit la Victime comme inférieure et lui vient en aide à partir d’une position supérieure.
  • un Persécuteur P : qui persécute en agressant, humiliant ou rabaissant la Victime.

Dans chacun des 3 rôles il est intéressant de noter qu’aucun ne perçoit la réalité. Tous sont dans un état de méconnaissance (terme employé par l’Analyse Transactionnelle pour décrire une perception de la réalité biaisée).
Le drame commence lorsque ces rôles sont établis ou qu’ils sont pressentis et il se concrétise au moment où il y a un changement dans le rôle des intervenants.

Les rôles vont ensuite être pris consécutivement par les différentes personnes en interaction selon son évolution. Le Persécuteur peut ainsi devenir Sauveteur, le Sauveteur devenir Victime et la Victime, Persécuteur. Les changements de position sont vécus comme des « coups de théâtre ».

Même si nous adopterons souvent deux ou même trois rôles différents au sein d’un triangle dramatique, nous avons tous une tendance à jouer plus fréquemment l’un des 3 rôles.

Rôles

1) La Victime
C’est un rôle qui attirera le comportement d’un Sauveteur qui voudra lui venir en aide et celui d’un Persécuteur qui voudra le persécuter afin de satisfaire ses pulsions agressives.
La Victime se méconnait elle-même. Elle se considère soit comme quelqu’un qui mérite d’être rabaissé, soit comme quelqu’un qui a besoin d’assistance.
La Victime une fois persécutée peut néanmoins être soumise (correspondant à l’État du moi Enfant soumis négatif en Analyse Transactionnelle) ou se rebeller (correspondant à l’État du moi Enfant rebelle négatif en Analyse Transactionnelle).

2) Le Sauveteur
Le Sauveteur prend sa légitimité lorsqu’il trouve une Victime à sauver de l’agression d’un Persécuteur. Il se fonde sur l’idée que la Victime ne peut se défendre seule.
Le Sauveteur dans une situation de sauvetage se pense plus compétent que la Victime (même s’il n’a dans les fait aucune légitimité ou compétence sur le sujet) pour décider de ce qui est bon pour elle et va aider la Victime sans qu’elle ne l’ait demandé et même, dans certaines situation, contre sa volonté.
Le Sauveteur méconnait la possibilité qu’a la Victime de se sortir seule de la situation.
Il correspond à l’État du moi Parent nourricier négatif en Analyse Transactionnelle.

3) Le Persécuteur
Le Persécuteur libère son agressivité sur une Victime en l’infériorisant, la dévalorisant, pointant du doigt ses faiblesses…
Le Persécuteur méconnait la valeur et la dignité de la Victime.
Il correspond à l’État du moi Parent contrôlant négatif en Analyse Transactionnelle.

Dans tous les cas, un jeu psychologique se caractérise par un « coup de théâtre » correspondant à un changement rapide et imprévu des rôles entre les participants. Puis chacun repart en ressentant un sentiment racket ou parasite (comme par exemple, la frustration, la rage, le dégoût, la solitude, l’incompréhension…) et renforçant une croyance personnelle négative (par exemple : « C’est toujours pareil, je ne suis jamais compris », « les hommes sont hargneux », « Ma mère ne comprendra jamais rien. »…).

 

Sortir du jeu

Nous jouons tous à des moments ces rôles, pour des raisons propres à chacun, pouvant être liées au besoin de reconnaissance, au renforcement des croyances personnelles, au besoin d’éviter l’intimité ou de prédire les autres…
Mais c’est parce que ce triangle dramatique et ses rôles sont tous destructeurs et ne conduisent pas à la perception de la réalité d’une situation, qu’il est important de le reconnaître, ainsi que ses composantes, chez soi-même comme chez les autres, et de s’en détacher.

 

Pour cela il est indiqué de :

  • prendre conscience de son rôle et des rôles joués par les autres dans un triangle dramatique,
  • être convaincu du caractère négatif et stérile du jeu (donnant une vision biaisée de la réalité de la situation, destructeur, consommateur de temps et consommateur d’énergie que l’on pourrait consacrer à des activités plus satisfaisantes),
  • prendre du recul dans les situations propices à installation du triangle dramatique, considérer la réalité en adoptant une vision d’Adulte neutre et apprendre à détecter le jeu petit à petit,
  • ne pas entrer dans le jeu en ne prenant pas le rôle attendu par l’autre (en s’extrayant physiquement ou verbalement de la situation, en répondant de façon totalement inattendue, par des transactions croisées…),
  • Ne pas « prendre » le sentiment racket en fin de jeu (faire vite autre chose qui occupe totalement l’esprit)
  • donner des signes de reconnaissances positifs aux interlocuteurs en dehors des périodes de stress (« strokes » en Analyse Transactionnelle)
  • et si vous être entré dans le jeu, le jouer à un niveau le plus léger possible…

——

Vous souhaitez sortir des jeux psychologiques ? Je vous accompagne…
Caroline Carlicchi – Coach Certifié – 06 95 19 95 32 (Versailles – France)

  1. Très intéressant, keep posting !!

  2. Merci Frédérique de me lire et me signaler ce point, correction de forme faite !
    Bonne journée,

    Caroline

  3. Bonjour,

    Une suggestion: pourquoi ne pas aborder les 4 conditions qui permettent de ne pas se retrouver dans un triangle dramatique? qui sont accessibles à tous…

    Bonne continuation

  4. Génial de lire ça.

    Il faut solide pour ne pas tomber dans ce pattern!

  5. Sur le plan des émotions, ne peux t on pas dire que : peur, tristesse et colère font partie du triangle dramatique alors que la joie en serait exclue ?

    • Bonjour Patrick,
      Selon l’AT, les jeux psychologiques se concluent par le fait de ressentir un sentiment ‘racket’(comme par exemple, la frustration, la rage, le dégoût, la solitude, l’incompréhension…) par opposition aux émotions authentiques que vous citez.
      Bonne journée !
      Caroline

  6. Bonjour,

    Merci pour cet article très intéressant et clair. Ça m’a donné envie d’en apprendre plus sur l’analyse transactionnelle !

    Bonne journée

  7. Bonjour,

    voici une situation que revient régulièrement au boulot (je travail avec des personnes adultes porteuses de handicaps):

    Le soir lors des couchés je demande a Candy de me donner sa brosse à dents afin de vérifier si ces prothèses dentaires sont bien nettoyés.

    celle-ci me répond qu’elle à déjà brossé ces dents.

    je lui répond que ce n’étais pas ma question. Et qu’elle doit aller me chercher sa brosse à dents.

    Candy me répond qu’elle n’est plus un bébé, que c’est dents sont bien propre…

    cela peux parfois durer plus de 10 minutes et la plupart du temps Candy part en pleurant à l’arrivé d’un autre éducateur.

    comment puis-je lui répondre avec mon A face à cette attitude?

    Merci

  8. Merci

  9. Peut il y avoir jeu lors d une rupture. Je me retrouve face à mon ex ( qui m’a quitté ) mais qui s’est rapproché suite à cela de mon frère (sortie entre pote le faire travailler dans son entreprise ). Il est désireux de garder contact avec mes enfants. D’un autre coté me fuit littéralement, peux être agressif, ne veux plus de contact !

    • Bonjour Mia,
      Merci de me contacter. La rupture est une période durant laquelle un mode relationnel est rompu. Elle peut être une occasion de jeu psychologique pour maintenir un certain type de relation, négative,… mais finalement mieux que pas de relation. Si vous constatez des « coups de théâtre » avec des changement de rôle de votre ex qui passe de Victime à Sauveteur ou Persécuteur ou que vous aussi constatez que vous changez de rôle et accumulez des sentiments négatifs : il s’agit bien d’un jeu psychologique.
      Si c’était le cas, en observant la situation, les faits, dans l’ici et maintenant vous trouverez des solutions pour ne pas mordre à l’hameçon des jeux psychologiques.
      A bientôt sur le blog !

      • Je vis présentement une situation similaire.J’aimerais connaitre vos trucs et astuce pour ne pas tomber dans le panneau.Car je dois avoir qu’il réussit a m’atteindre a tout coup.

        • Bonjour,
          S’extraire physiquement du jeu psychologique est un moyen plus facile. Vous pouvez volontairement quitter la pièce, boire un verre d’eau et respirer pour ne revenir que quand vous êtes sûre de pouvoir interagir hors jeu après.
          Vous pouvez ensuite donner des signes de reconnaissance positifs hors moments de stress de sorte à nourrir la relation d’autre chose que les signes de reconnaissance négatifs obtenus lors des jeux.
          Bien à vous !

  10. Bonjour Caroline,
    Après 30 ans de mariage, je suis accusé par mon épouse (et inculpé) de harcèlement moral, violences conjugales, et viol.
    Cherchant à savoir pourquoi nous en sommes arrivés là, et m’intéressant depuis longtemps à l’analyse transactionnelle, je redécouvre le concept du triangle de Karpman, les rôles de Victime, Sauveur, Persécuteur, et son approche par l’école québécoise : (http://www.santepsychosexuelle.com/medias/files/triangle-de-karpman-copyright-cecile-m-barcelo.pdf)
    Je retrouve dans beaucoup des situations décrites par Mme Barcelo ce que nous avons vécu ces dernières années, mon épouse et moi, elle dans son rôle de victime, et moi, sans doute, en tant que sauveur, mais aussi nous deux dans des rôles mixtes (victime ET persécuteur, sauveur ET persécuteur).
    Indépendamment des suites judiciaires de mon affaire (qui débute, depuis 6 semaines, je n’ai pas encore eu accès à mon dossier chez Mme le juge, mais je reste très optimiste sur la suite), je voudrais réellement comprendre pourquoi nous en sommes là, et comment me sortir de la situation, car malgré toutes les accusations mensongères portées par mon épouse, je n’éprouve envers elle ni haine, ni ressentiment, ni envie de vengeance, seulement beaucoup de compassion et d’affection (voire plus).
    Auriez vous parmi vos connaissances (sur Lyon), quelqu’un (psychologue, Thérapeute cognitive comportementale –TCC-) qui pourrait m’aider à faire un travail personnel sur le sujet,
    Vous remerciant d’avance de votre écoute
    Dominique

    • Bonjour,
      Je vous remercie de prendre contact avec moi au sujet de votre situation.
      Je vous invite à consulter le site de l’IFAT dans la rubrique trouver un praticien :
      http://ifat.net/annuaire.php?defaut=1
      Vous avez en région lyonnaise de nombreux collègues professionnels en Analyse Transactionnelle.
      Je peux également vous accompagner en coaching par Skype si vous souhaitiez travailler avec moi via cette méthode. Vous pouvez me contacter au 0695199532 si vous souhaitiez plus d’information.
      Bien à vous,
      Caroline

  11. Ne pas être victime d’une victime | Jour après jour - pingback on 20 octobre 2014 at 6:28

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