Pourquoi l’intelligence culturelle est un vrai atout…

Ceux d’entre nous qui ont vécu l’expatriation ou vivent au contact de personnes de cultures différentes ont pu avoir l’occasion de développer certaines qualités que les chercheurs regroupent aujourd’hui sous le terme d’ intelligence culturelle.

La dimension culturelle est si puissante qu’elle influence directement notre cadre de référence, la façon dont nous percevons le monde. Ainsi les actes, les gestes, les tonalités de voix, les mots utilisés font entièrement partie de la dimension culturelle et sont soumis à différentes interprétations selon la culture d’origine. A l’extrême cela peut conduire à des blocages relationnels et rendre impossible toute collaboration.

Diference culturelle

J’ai ainsi le souvenir d’une de mes premières missions de travail au Mexique. Mes collègues mexicains avaient eu un mouvement de recul lorsqu’au restaurant j’avais fait à distance au serveur le signe de la main correspondant à une demande d’addition en France. Ces collègues m’avaient alors expliqué que cela signifiait au Mexique quelque chose comme « Je te maudis »… Si je n’avais pas été alertée par leur mouvement de recul et s’ils n’avaient pas souhaité répondre à mes interrogations, imaginez l’impact de cette scène sur mon image professionnelle … Cela tient donc à très peu de chose…

Depuis j’ai appris, au fil de mes expatriations, de mes contacts professionnels internationaux et multiculturels à développer une capacité d’intégration au sein des cultures, par une adaptation inconsciente à ces codes. Cette capacité, fréquemment développée par les personnes en contact avec des cultures différentes c’est l’intelligence culturelle. Elle se démontre chez un étranger ayant une aptitude naturelle pour, au travers de tous ses sens, interpréter les éléments de communication non verbaux inconnus de la même façon qu’une personne de cette culture le ferait. L’intelligence culturelle présente des points communs avec l’intelligence émotionnelle et notamment comme le dit le psychologue Daniel Goleman au travers d’ « une propension à suspendre le jugement—penser avant d’agir. »

Alors si cette capacité est nécessaire pour réussir et se développer à l’international, elle l’est aussi pour s’intégrer au sein d’une entreprise. Les entreprises aussi ont des cultures et il est fréquent de trouver des cultures différentes dans les entités qui la composent : le service comptable, le service commercial, le service production ont des cultures différentes, ils n’utilisent pas les même mots, ne s’habillent pas de la même façon…

Dans tous les cas, cela nécessite d’utiliser ses sens pour enregistrer les différentes façons dont une personne interagit avec vous. En quoi sont-elles différentes de ce que vous pouvez reconnaître dans votre propre culture et en quoi sont-elles semblables ? En adoptant cette approche, vous pouvez rapidement anticiper les réactions de l’autre, vous commencez à modéliser les manifestations de cette nouvelle culture sans tomber dans le piège des stéréotypes et de l’étiquetage… La même vigilance est apportée à l’ouverture pour l’autre de possibilités de s’adapter à vous et votre culture.

Au travers d’une étude menée auprès de 2000 managers dans 60 pays (Harvard Business Review – Octobre 2014), nous apprenons que si certains aspects de l’intelligence culturelle sont innés, chacun d’entre nous, doté d’une conscience de ce qui se joue dans l’instant, une motivation et une confiance en soi raisonnable peut développer cette intelligence.

 

Pour la développer, nos disposons d’options au niveau de nos pensées, de nos sentiments / notre dimension émotionnelle, et notre comportement.

La pensée

Une nouvelle approche de la pensée consiste à ne pas chercher à expliquer depuis sa culture d’origine certains traits culturels appartenant à l’autre. En effet, il est très difficile pour une personne de répondre à des questions portant sur sa propre culture (nous n’avons pas l’habitude de mener ce type d’analyses sur nous-mêmes). Je me rappelle de la première fois où j’ai demandé à un indien de mon entourage pourquoi il était obligatoire dans les démarches administratives de préciser une religion. Je n’ai jamais eu de réponse, mais j’ai écouté et entendu que je n’avais pas de réponse. Ceci est tellement intégré dans la culture que les raisons originelles ne sont plus connues. L’intelligence culturelle ne se concentre donc pas sur les écarts mais sur la recherche du point d’entrée dans la culture de l’autre, les points de contact entre les diverses cultures en présence.

Le comportement

Nos influences culturelles se traduisent également largement dans nos gestes. L’intelligence culturelle nous permet d’entrer dans le monde de l’autre par l’ajustement de nos comportements aux codes de la culture. Cela peut être par exemple des rituels : faire la bise ou pas, serrer la main ou s’incliner légèrement, offrir un café ou un thé, dire bonjour en arrivant au bureau… Combien de fois mes collègues espagnols m’ont dit ne pas comprendre pourquoi les français pouvaient passer autant de temps à se saluer le matin en arrivant au bureau….

Les émotions

Notre dimension émotionnelle est également un levier de développement de notre intelligence culturelle. Si nous avons confiance en nous, que nous avons envie d’aller à la rencontre de l’autre avec joie et motivation plutôt que peur ou colère. Je repense à un manager Allemand, nouvellement arrivé, qui se mettait systématiquement en colère lorsque les membres de son équipe (en Inde) arrivaient systématiquement en retard le matin. Cette colère n’a servi à rien, si ce n’est fatiguer le manager, car elle n’a jamais été comprise par son équipe, qui n’avait pas d’autres références culturelles à ce moment là. D’autre part, le cycle de l’intégration culturelle décrit par l’’anthropologue Kalvero Oberga est jalonné d’étapes émotionnelles. Sa première étape appelée la lune de miel est remplie de moment de joie, ensuite vient le choc culturel, chargé de colère de peur, puis le redressement permettra de réduire l’intensité des émotions négatives, et enfin l’adaptation permettant de reprendre contact avec son équilibre émotionnel.

 

A l’heure de l’internationalisation et la globalisation des échanges, nous sommes en contact avec de plus en plus de cultures sur nos lieux de travail, dans nos cercles privés ou familiaux… Nous vivons dans des contextes internationaux même sans s’expatrier. L’intelligence culturelle devient ainsi un des principaux leviers de la communication efficace, dans laquelle chacun comprend ce que l’autre communique.

Vous souhaitez développer votre intelligence culturelle ? Je vous accompagne…

Caroline Carlicchi – Coach Certifié – 06 95 19 95 32 (Versailles – France)

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