Comment structurons-nous notre temps relationnel ?

Pourquoi affectons-nous inconsciemment notre temps relationnel quotidien d’une certaine façon ?

Parce que, la façon dont nous structurons notre temps relationnel répond à un besoin de structure, une des trois soifs, un des trois besoins fondamentaux identifiés par Berne, fondateur de l’Analyse Transactionnelle.

Structuration du temps

La structuration du temps relationnel

Nous structurons notre temps pour répondre en partie à la soif de structure, mais aussi à la soif de reconnaissance. La façon dont nous structurons le temps est également en relation avec notre position de vie de base et le types de signes de reconnaissance que nous recherchons.

Différentes options d’occupation de son temps ont été identifiée par l’Analyse Transactionnelle. A chaque occupation son lot de signes de reconnaissance collecté par l’individu pour la constitution de son trésor quotidien en tenant compte de l’économie des signes de reconnaissance dans laquelle il baigne depuis son enfance, qui le prévient de faire l’expérience des signes de reconnaissances positifs (d’amour) et qui dicte les principes suivants :

  • Ne demande pas les signes de reconnaissance que tu veux,
  • Ne donne pas les signes de reconnaissance que tu souhaites donner,
  • N’accepte pas les signes de reconnaissance que tu veux,
  • Ne refuse pas les signes de reconnaissance dont tu ne veux pas (signes de reconnaissance négatifs, de manipulation),
  • Ne te donne pas à toi-même des signes de reconnaissance (signes de reconnaissance positifs).

Les différentes options pour structurer le temps sont :

  • Le retrait
  • Le rituel
  • Le passe-temps
  • L’activité
  • Les jeux
  • La proximité

Le retrait

Dans le retrait, l’individu n’est pas impliqué dans l’environnement. Il est dans ses pensées, mentalement détaché des autres, il n’interagit pas, il est impossible pour une personne extérieure de savoir ce qui se passe à l’intérieur de l’individu. Il n’y a aucun risque de rejet par l’autre pour la personne puisqu’il n’y a pas d’interaction. Le niveau de stimulation est le plus bas. Le retrait est donc un mode dans lequel il n’est pas bon de rester trop longtemps sous peine de sérieuse pénurie de stimulation et sur son compte de signes de reconnaissance et donc de grosse déprime.

Les rituels

Les rituels sont des interactions sociales courantes, normalisées, sures et prévisibles comme dire « Bonjour », “Comment ça va ?”, « Ca va et toi ? » ou également les rituels religieux, d’entreprise… Ils permettent d’établir un contact, de maintenir une relation. Ils sont une sorte d’introduction pour les autres formes de structuration du temps. Nous les avons intégrés par notre éducation (dans l’état du moi Parent) et nous les exécutons depuis notre Enfant Adapté. Ils différent d’une culture à l’autre (essayez de faire la bise à quelqu’un d’une autre culture que française vous verrez les réactions ! J’ai testé avec un Japonais, ce fut un moment très drôle !). Ils n’apportent pas beaucoup de stimulation, ni de signes de reconnaissance et le niveau de risque de rejet par l’autre est très faible, la part de l’inconnu est réduite au maximum sauf si vous avez des « amis farceurs » qui ne vous serrent pas la main lorsque vous la tendez.

Les passe-temps

Ce sont des interactions sociales que l’individu a pour passer le temps dans une interaction sans viser à l’accomplissement d’un objectif (typiquement en soirées ou à la pause-café…). Ce sont des occasions quasi rituelles d’échanger des opinions, des pensées ou des sentiments sur des sujets relativement sûrs. Les passe-temps ne vise pas à résoudre un problème mais à établir un rapport avec l’autre. On va parler météo, sport, fringues, ciné, enfants,… Ces interactions impliquent un peu plus. On peut faire du passe-temps depuis l’état du moi Parent en portant des jugements ou manifestant des préjugés (par exemple le typique « Ma bonne dame ces jeunes vraiment ! Y’a plus de respect !»), ou un peu plus drôle depuis l’état du moi Enfant (par exemple « Ah ouais j’ai adoré le dernier film de Tarantino, c’était top ! »)…. Elles présentent donc un risque de rejet par l’autre plus élevé mais permettent de collecter plus de signes de reconnaissance.

Le passe-temps est souvent au même titre que les rituels une étape nécessaire pour pouvoir accéder à des niveaux de stimulation supérieurs. C’est un bon moyen d’évaluer l’autre et la possibilité de renforcer la relation.

Les activités

Dans l’activité les personnes en interaction travaillent à la réalisation d’une tâche, à l’atteinte d’un objectif, à la résolution d’un problème (que ce soit dans un contexte de travail, de loisirs, en famille….). Dans l’activité j’utilise majoritairement les capacités de mon état du moi Adulte. L’activité est stimulante et présente un risque de rejet par l’autre encore plus élevé mais un niveau de signes de reconnaissance positifs ou négatifs (selon le niveau d’atteinte de l’objectif) également plus élevé.

Les jeux

Dans ce mode de structuration du temps les interactions sont basées sur des règles non écrites permettant de créer un bénéfice négatif, d’éviter l’intimité, de manipuler l’autre, de confirmer sa position de vie. Les jeux psychologiques sont des interactions bien spécifiques et codifiées que je vous invite à découvrir dans le post écrit sur ce sujet. Les jeux apportent un niveau élevé de signes de reconnaissance négatifs et présentent un risque de rejet par l’autre élevé (s’il ne veut pas jouer). Pourquoi passer du temps à jouer me direz-vous ? Parce qu’un signe de reconnaissance négatif vaut mieux que rien du tout lorsque l’on a soif de reconnaissance. Nous avons donc tous, a des degrés divers et dans des modalités différentes, intégré que les jeux permettent de remplir notre panier de signes de reconnaissance (même avec du négatif) plus facilement que les autres modes de structuration du temps et notamment la proximité. Cela renvoie également à l’économie des signes de reconnaissance de la personne.

La proximité

La proximité est une relation à l’autre honnête et en confiance, sans jeux psychologiques dans laquelle chaque personne se sent connectée à l’autre (d’état du moi Enfant à état du moi Enfant) et prend soin de l’autre avec bienveillance (des Parents Nourriciers aux Enfants des deux intervenants). Il y a communication ouverte sur ce qui se passe, sur ses besoins, ses pensées, sur son ressenti émotionnel, les émotions sont authentiques. Elles peuvent être de la joie, de la tristesse comme de la peur ou de la colère. Par exemple deux collègues qui viennent d’apprendre que leur projet sur lequel ils travaillaient depuis des mois tombe à l’eau. Sans même besoin de parole, d’un simple échange de regard ils partagent leur tristesse, ils sont dans la proximité.

Le risque de rejet par l’autre est alors à son maximum mais les bénéfices en termes de stimulation et signes de reconnaissance positifs voire également négatifs également. Ceci dépendra notamment de l’émotion exprimée.

 

Comment structurez-vous votre temps ? Êtes-vous satisfait par le niveau de signes de reconnaissance que vous collectez chaque jour ? Tracez votre diagramme actuel de répartition de votre temps et un diagramme objectif. Quelles actions pouvez-vous mener pour changer votre répartition du temps et vous sentir mieux ?

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Vous voulez changer votre structuration du temps ? Je vous accompagne…
Caroline Carlicchi – Coach Certifié – 06 95 19 95 32 (Versailles – France)

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11 réponses

  1. Meunier Jean-Loup dit :

    Une belle explication de la structuration du tempset de l’importance des strokes. Merci.

  2. abdelkarim djebari dit :

    Merci
    😛

  3. patrick dit :

    Pour mieux cerner ce que fait le coaching, pouriez vous me fournir des exemples ?

  4. Nathalie dit :

    Caroline, tes articles sont vraiment très intéressants. Bravo!

  5. Marie-Andree Cimon dit :

    merci de votre attention !

  6. Marie-Andree Cimon dit :

    Merci

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