Perception et réalité du coaching en France

Le coaching et son retour sur investissement commence à être connu, les apports et la valeur de cette profession se diffusent, une frange de la population française prend peu à peu conscience se son impact positif et significatif sur la vie de nombreuses personnes. Mais, comme cela a été mentionné en commentaire de précédents articles sur la question, la grande majorité des français ne connaissant ce métier qu’au travers de ce que les médias veulent souvent nous présenter (c’est à dire tout sauf du coaching), il me semble intéressant de faire cette présentation synthétique des fondamentaux du coaching en France : son histoire, les qualités d’un coach professionnel et comment cela fonctionne.

Le coaching à la loupe

1. Historique du coaching et développement en France

Le coaching est une profession très ancienne puisque le premier coach identifié est Socrate, qui dès le Vème siècle avant JC. pratiquait la maïeutique,  l’art d' »accoucher les esprits ». Son objectif était par son questionnement d’aider la personne à trouver le chemin de sa propre vérité.

Puis au fil de l’histoire, nombreux sont ceux qui ont pratiqué une forme de coaching sans le désigner par un nom spécifique. L. Buratti et V. Lennardt, 2007 dans leur livre sur Le Coaching précisent que si l’on considère le coaching comme « une relation d’aide par l’accompagnement personnalisé » il existe depuis qu’un « homme a prêté l’oreille à l’un de ses semblables […], l’a aidé à trouver une solution sans chercher à l’imposer ».
C’est dans les années 50 que les premiers « coachs » sont nommés aux USA. D’abord dans le monde du spectacle puis dans celui du sport. Leur spécificité est alors de travailler à la fois sur l’esprit et le corps pour préparer leurs « champions ».
Il est intéressant de noter que le mot « coach » anglais prend ses racines dans le mot français « coche » (cocher). Le cocher étant celui qui à l’époque des diligences conduisait et accompagnait les personnes vers leur destination sans influer sur celle-ci.
Dans les années 80, la profession de coach professionnel émerge dans les entreprises anglo-saxonnes. Les cadres des comités de direction et hauts potentiels y ont recours pour améliorer leurs performances et leurs qualités managériales en bénéficiant notamment, des techniques de préparation mentale des sportifs de haut niveau.
Le coaching se développe en France à la fin des années 80. Une première école de formation s’ouvre en 1988 et la profession n’a depuis cessé de croître. Elle se diffuse d’abord dans le monde des comités de direction des entreprises, puis auprès du management intermédiaire grâce à l’accroissement de l’offre et la baisse des tarifs.
Le coaching est sorti très récemment du monde de l’entreprise pour faire bénéficier les particuliers de ses apports . Dans le Coaching de Vie que je pratique, le coach accompagne la personne dans toutes les zones de sa vie en fonction de ses priorités. Il peut donc avoir pour objet les dimensions professionnelles, familiales, sociales et émotionnelles.
Cette diffusion auprès du grand public est extrêmement positive et naturelle mais sa rapidité a pu, selon moi, être à l’origine d’une incompréhension sur le terme de coaching que l’on voit maintenant utilisé à toutes les sauces par les métiers de conseils à la personne ou par des gourous plus ou moins bien intentionnés. Cette incompréhension est parfois source d’exaspération pour le grand public et elle renforce la croyance que le coaching est un phénomène de mode dépourvu de sens et non une profession légitime, dont les apports pour la personne sont formidablement structurants.

 

2. Définition des critères de professionnalisme des coachs par les principales fédérations françaises

Si la profession de coach ne bénéficie pas à ce jour d’un code APE (donc d’identifiant économique statistique), elle bénéficie déjà depuis peu d’une première définition professionnelle. En effet en Janvier 2013, les trois principales fédérations professionnelles de coaching françaises (ICF, Sfcoach et EMCC) ont convenu d’une déclaration commune permettant de lister les critères d’identification d’un coach professionnel. Elle porte notamment sur les points suivants :

  • son engagement de formation spécifique au coaching et à la formation continue
  • son code de déontologie
  • ses contrats
  • sa pratique régulière et supervisée
  • son travail sur lui-même

Ceci reste, à mon sens, un premier pas à destination des professionnels du coaching, afin de les aider à atteindre le plus haut niveau d’intégrité dans leur relation professionnelle, mais pas du grand public.
Selon moi, le plus grand bénéfice de la profession de coach réside dans sa composition même, de praticiens sérieux (en phase avec les critères définis par les fédérations mais aussi ceux que je détaille ci-après), dont les interventions positives permettent de réunir d’infinis témoignages sur la valeur du coaching et les apports significatifs de cette profession auprès des personnes qui en font l’expérience.

 

3. Les qualités complémentaires d’un coach

En complément de ce que les fédérations ont définis, je souhaite ajouter que les qualités d’un coach professionnel sont également:

  • un haut niveau d’intégrité (fiable, digne de confiance, honnête, respect et bienveillance vis à vis du client)
  • la confiance en soi et l’optimisme (lui permettant de faire s’exprimer le meilleur de l’autre)
  • l’intelligence relationnelle et de communication (empathique, ouvert d’esprit, structuré, clair et direct dans sa communication)
  • l’engagement (engagement à accompagner l’autre vers le succès, sans jugement)
  • la perspicacité (l’ouverture au mode de pensée de l’autre, la capacité à entendre ce qui est derrière les mots de l’autre)
  • la capacité à être coaché (la volonté de se développer, l’ouverture au feedbacks des autres)

 

4. Les fondamentaux du coaching

Le coaching n’est ni le conseil, ni la thérapie, ni la formation, ni le mentorat, mais bien l’accompagnement afin de permettre à la personne de trouver ses propres solutions et ceci dans un cadre contractuel, déontologique et éthique bien défini. Le coach n’a d’autres objectifs que celui de voir son client atteindre ses objectifs et développer son autonomie.

La pratique du coaching s’appuie donc sur les principes suivants (qui pourront plus oi moins être développés selon les écoles) :

  • l’apprentissage autonome par le client
  • une orientation solution et non problème
  • un client amené à donner le meilleur de lui même
  • du feedback permettant de mettre en lumière le positif des réalisations du client
  • une structure propice au changement positif (cadre contractuel, décomposition des objectifs en plan, stratégies, étapes et enfin actions)

Mais aussi sur le fait que :

  • les individus ont la possibilité consciente de choix de la perspective avec laquelle ils abordent le monde
  • le modèle émotionnel de chacun est un moteur puissant (cf. les travaux de Daniel Goleman sur l’Intelligence Émotionnelle)
  • s’appuyer sur les forces et le rythme naturel des individus facilite le processus de changement
  • de devoir rendre des comptes à un coach, puis à soi-même, sur ses réalisations favorise les résultats
  • pour atteindre un objectif il faut se mettre en action
  • le travail avec l’ensemble de l’individu amène les meilleurs résultats (Par exemple : un individu souhaitant se développer professionnellement pourra avoir besoin de travailler sur sa gestion du stress ou sa confiance en soi. Sujets qui dépendent de zones de vie distinctes.)
  • chaque personne dispose de toutes les ressources pour réussir et changer
  • l’objet du coaching est de développer de nouvelles habitudes positives pour l’individu qui l’accompagneront après le coaching et lui permettront de continuer son évolution par la suite
  • le coaching est un processus et non un contenu (comme par exemple une formation ou le mentorat). Le coach n’a donc pas besoin d’expertise sur l’objectif pour accompagner efficacement son client
Why Coaching Works

 

5. Et après ?

Le retour sur Investissement du coaching commence à être connu, les apports et la valeur de cette profession se diffusent, une frange de la population française prend peu à peu conscience se son impact positif et significatif sur la vie de nombreuses personnes. Je suis donc persuadée qu’il trouvera sa place dans notre culture !

Ce qui, à mon avis, manque maintenant, c’est une voix collective suffisamment forte pour redonner son sens au terme de coaching détourné par les utilisations abusives. Cette voix collective sera, à mon sens, la somme de toutes les voix individuelles des coachs sur leurs blogs, dans la presse, sur les réseaux sociaux… Je crois beaucoup aux réflexions et échanges en réseaux professionnels et notamment les réflexions portées sur Réseau Coaching ou Mesacosan ainsi que les échanges entre coachs.

 

Si vous souhaitez plus d’information, je vous invite à lire :

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Vous voulez faire l’expérience du coaching ? Je vous accompagne…
Caroline Carlicchi – Coach Certifié – 06 95 19 95 32 (Versailles – France)

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9 réponses

  1. Salut Chère concitoyenne, je viens de lire ton article qui est vraiment très bien, j’étais avec un coach québécois ce week end qui m’a tenu le même discours sensé que tu as écrit. Bref je partage votre avis à tous les deux et bravo pour cet article! A bientôt surement! Jordane

  2. Bonjour Caroline

    Je partage à 200% votre avis et vos remarques; moi aussi tous les jours je m’évertue à travers mes contacts, à défendre le « vrai » coaching en l’expliquant. C’est quelquefois décourageant et révoltant de voir comment est gavauldé et déformé ce beau métier mais je suis certaine qu’à force de pédagogie et de pratique déontologique, chacun pourra bientôt faire la différence et reconnaître la vérité du coaching.
    Bien à vous
    Pascale

    • Caroline dit :

      Bonjour Pascale,
      Merci de partager votre expérience. A force de communication et d’échange, nous arriverons à faire reconnaître notre profession.
      Et en attendant restons en contact ! N’hésitez pas à partager vos expériences.
      Bien à vous,
      Caroline

  3. Merci pour rappel assez complet des fondamentaux de notre profession. Après quelques 20 ans de développement régulier en France, et malgré les multiples dévoiements des mots coaching / coach, la stigmatisation comme phénomène de mode superficiel ou comme espace pour gourous de tous poils est en train de s’affadir. Mais du chemin reste à parcourir, que les fédérations professionnelles citées, mais aussi chacun d’entre nous au travers de ses pratiques et du respect de la déontologie, contribuent à tracer.

  4. Marciset dit :

    Bonjour,
    lu avec intérêt, votre article fait une synthèse positive de la fonction Coach bien arrimée aux valeurs humanistes et à la croyance aux capacités individuelles.
    Peut-être pouvons nous compléter les qualités requises du coach avec les notion de respect et de bienveillance vis à vis du client.
    J’entre aujourd’hui sur ce blog et aurai plaisir à contribuer.
    Cordialement

  5. Merci vraiment pour ce bel article! cela fait plaisir de découvrir ces paroles sensées et tellement justes. Installée depuis plusieurs années, je me bataille journellement pour faire éclore les potentiels et ressources de chacun (e) ; j’y mets tellement d’énergie, de confiance et d’empathie donc je perçois assez rapidement les effets des séances et je ne connais aucune meilleure reconnaissance;
    Fière des témoignages de mes clients (es) je souhaiterais que nos métiers soient mieux reconnus et surtout mieux valorisés. Je perçois encore plein d’a priori quand je parle de coaching amoureux .. cela n’empêche que comme toute entreprise, les résultats sont là donc persévérons et continuons à exercer nos métiers avec passion !

  6. Brigitte dit :

    Je vais bientôt faire une formation de coach professionnel (Haute école de coaching – Paris 5). Cette article me conforte dans mon choix car les valeurs du coach sont bien les miennes. Merci Caroline !

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