Le pouvoir des signes de reconnaissance

Les signes de reconnaissance nous nourrissent au fil de notre vie. Selon qu’ils sont positifs ou négatifs, selon la façon dont ils nous sont adressés ou selon comment nous les intégrons, ils peuvent contribuer à notre construction comme à notre destruction. Quoiqu’il en soit, ils sont autant nécessaires à la vie que l’eau que nous buvons, les aliments dont nous nous nourrissons et l’air que nous respirons. Si nous sommes de plus en plus vigilants sur la qualité de ce que nous buvons, avalons ou respirons, il n’en est pas toujours de même avec les signes de reconnaissance…
Je vous propose de mettre en lumière certains aspects et outils permettant d’en dégager le maximum de bienfait.

Que sont les signes de reconnaissance ?

Les signes de reconnaissance ont été décrits par Berne, fondateur de l’ Analyse Transactionnelle (ils sont aussi désignés sous le terme anglais de Strokes). Ils sont des unités de reconnaissances échangées entre deux personnes. Ils sont verbaux ou non verbaux (un regard, une caresse, une musique, … sont des signes de reconnaissance), sont échangés en permanence, dans tous les contexte, et peuvent porter sur :

  • ce que je suis (par exemple : « J’aime travailler avec toi », « Je ne veux pas travailler avec toi. »)
  • ou sur ce que je fais (par exemple : « J’aime le travail que tu as fourni sur ce dossier. », « Tu as raté ton intervention avec ce client. »)

et être :

  • positifs (compliment, éloge, félicitation ou évaluation positive)
  • ou négatifs (jugement ou critique négatifs)

Le seul caractère négatif d’un signe de reconnaissance  ne le rend pas « mauvais » en soi : un feedback négatif sur ce qui a été fait par la personne l’aide à capitaliser et prendre les dispositions nécessaires pour ne plus reconduire l’expérience de la même façon la prochaine fois.

 

Comment sont ils échangés ?

Ils peuvent être directement obtenus suite à une demande ou un feedback authentique mais aussi être le résultat de Jeux Psychologiques ou de méconnaissance sur soi-même (car ils sont tellement importants à notre survie que nous appliquons la règle : « mieux vaut un signe de reconnaissance négatif que pas de signes de reconnaissance du tout. »).

On parle en Analyse Transactionnelle de l’ »économie des signes de reconnaissance » car ces échanges sont bien devenus soumis à des critères et des règles « économiques » fondés sur une croyance de pénurie : depuis tout petit nous avons appris à croire que le monde ne peut nous offrir autant de signes de reconnaissances positifs que ce dont nous avons besoin. Cette croyance a ainsi conduit à l’élaboration des règles économiques suivantes :

  • Ne demande pas les signes de reconnaissance que tu veux.
  • Ne donne pas les signes de reconnaissance que tu souhaites donner.
  • N’accepte pas les signes de reconnaissance que tu veux.
  • Ne refuse pas les signes de reconnaissance dont tu ne veux pas (signes de reconnaissance négatifs, de manipulation).
  • Ne te donne pas à toi-même des signes de reconnaissance (signes de reconnaissance positifs).

Cette économie a été mise en évidence par Claude Steiner qui a également contribué à bâtir les fondations de l’Analyse Transactionnelle.

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Si vous êtes en contact avec des enfants, je vous invite d’ailleurs à leur raconter « Le conte chaud et doux des chaudoudoux » de Claude Steiner pour limiter les dégâts de cette croyance qui a la vie dure !

Pour aller encore plus loin, vous, parents, pouvez également vous appuyer sur le livre de Jean Illsley Clarke « Self Esteem : a family affair ».

 

A tous les ages, nous pouvons remplacer ces critères ‘économiques’ par les permissions suivantes :

  • Demande les signes de reconnaissance que tu veux.
  • Donne les signes de reconnaissance que tu souhaites donner.
  • Accepte les signes de reconnaissance que tu veux.
  • Refuse les signes de reconnaissance dont tu ne veux pas.
  • Donne-toi a toi-même des signes de reconnaissance positifs.

 

Où en êtes-vous avec les signes de reconnaissance ?

Les signes de reconnaissance ne sont pas valorisés de la même façon par tous et dépendent des situations (du moment, de la personne qui le donne,…).

Il est de plus fréquent que l’on filtre les signes de reconnaissance. C’est à dire que l’on transforme un signe de reconnaissance qui nous est adressé de sorte à ce qu’ il cadre avec nos croyances et ainsi les renforce en passant… Le « panier de récolte » des signes de reconnaissance est ainsi souvent percé… Par exemple, une personne n’acceptera pas les signes de reconnaissance portant sur son intelligence mais acceptera ceux portant sur sa présentation physique ; renforçant ainsi une croyance limitante sur son intelligence.

Nous sommes donc uniques face aux signes de reconnaissance. C’est pourquoi je vous invite à découvrir votre relation aux signes de reconnaissance et pour cela à prendre quelques instants de réflexion face à une feuille blanche et à tracer votre profil des signes de reconnaissance. Dans votre vie aujourd’hui, à quel niveau de 1 à 100 vous placez-vous sur chacun des comportements :

  • Accepter des signes de reconnaissance positifs / négatifs
  • Demander des signes de reconnaissance positifs / négatifs
  • Refuser des signes de reconnaissance positifs / négatifs
  • Donner des signes de reconnaissance positifs / négatifs
  • Se donner des signes de reconnaissance positifs / négatifs

 

Dessinez votre histogramme de façon intuitive avec des colonnes vers le haut pour les signes de reconnaissance positifs et vers le bas pour les négatifs.

Profil d'échange de signes de reconnaissance

Quel diagramme correspondrait à votre objectif en terme de signes de reconnaissance ? Quelles seront vos 3 premières actions pour évoluer vers votre objectif ?

D’ autre part, vous pouvez vous acheter un cahier et faire l’exercice de noter tous les jours les signes de reconnaissance positifs qui vous ont été adressés.

Vous souhaitez profiter pleinement des signes de reconnaissances ? Je vous accompagne …

Caroline Carlicchi – Coach Certifié – 06 95 19 95 32 (Versailles – France)

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7 réponses

  1. Très très bon article, encore merci 🙂

  2. patrick dit :

    Y a t il un questionnaire qui permette d évaluer précisément ses besoins en signes de reconnaissance

    • Caroline dit :

      Bonjour Patrick,
      Merci de partager votre question sur ce blog.
      Je peux vous suggérer de faire l’exercice dans un endroit calme de réfléchir aux signes de reconnaissance qui vous ont le plus remplis de joie dans le passé et d’identifier dans quel contexte ils vous étaient donnés ou vous les aviez collectés. Avec quel type de personne, dans quelle situation, sur quels aspects de ma personnalité portaient-ils?… Vous pourrez ainsi identifier plus précisément les signes de reconnaissance qui remplissent votre trésor quotidien et dont vous avez besoin.
      Je vous souhaite une excellente semaine !
      Caroline

  3. med dit :

    j’aime bien merci

  4. Amel dit :

    En tant que mere de famille, je donne des signes de reconnaissance positifs à mes enfants et mon conjoint et j’ai tendance à leur donner aussi des signes de reconnaissance negatifs pour les pousser à s’ameliorer dans certains domaines.
    Les signes négatifs ne sont pas acceptés facilement, pourtant je les trouve aussi importants.
    Est-il preferable de ménager la personne en évitant de lui donner des signes de reconnaissance negatifs pour le maintien de « la relation » ou courir le risque?
    Je vois dans mon entourage des personnes qui preferent prendre sur elles, mais evitent de donner des signes negatifs. Ça evite des frictions, mais ça genere de la frustrastion.
    Moi, je n’y arrive pas. Je dois dire ce que je pense. J’ai appris la CNV, mais meme avec ça, la pillule a du mal à passer des fois.

    Merci pour votre reponse

    • Bonjour Amel,

      Merci de poser cette question ! Les signes de reconnaissance négatif conditionnels sont une opportunité de croissance pour l’autre. Comment évoluer si nous n’avons pas de retour sur ce que nous ne faisons pas bien ?…
      Concernant les signes de reconnaissance négatifs inconditionnels. Ils sont également parfois nécessaires. Dire à quelqu’un « je ne t’aime pas » c’est parfois nécessaire par exemple.
      Mais ce n’est pas parce que nous les donnons en restant OK et considérant l’autre comme OK qu’ils seraont bien pris. L’autre est libre de sa réaction.
      Vous pouvez également vous inspirer de cet article :
      http://blog-fr.coaching-go.com/2015/01/comment-expliquer-a-un-collegue-que-ca-va-pas-du-tout/
      Et n’oubliez pas de vous assurez que vous avez la permission de l’autre de lui faire part de votre avis.
      Bonne journée !
      Caroline

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